Lâcher, quand on garde ses responsabilités

Un arbre d’automne qui laisse tomber ses feuilles tout en portant déjà ses bourgeons

« Lâcher » est un mot qui passe mal quand on a des responsabilités. Il évoque l’abandon, ou le conseil de vacances. Quand une activité, une équipe, une famille ou un budget dépendent de vous, personne ne vous demande sérieusement de tout laisser tomber.

Le mot garde pourtant un sens, à condition de le préciser. Lâcher ne veut pas dire se désengager. Cela peut vouloir dire cesser de soutenir, jour après jour, ce qui n’a pas besoin de l’être, pour que votre attention reste disponible là où elle est attendue.

Prenons un cas ordinaire : un fournisseur augmente ses tarifs. C’est une vraie contrainte : il faut ajuster, négocier ou chercher ailleurs. Mais l’espoir qu’il revienne à ses anciens prix, lui, ne demande aucune action. On le garde pourtant en tête, parfois des mois, comme si l’abandonner revenait à accepter l’inacceptable.

Quand tout change à la fois, on soutient souvent beaucoup de choses de cette façon : l’idée que la situation va redevenir comme avant, l’attente d’une réponse que personne ne peut encore donner. Certaines pèsent sans rien apporter. D’autres comptent, et il faut les garder.

Faire ce tri n’a rien d’évident. Il prend du temps, il peut se tromper, et il ne retire aucune contrainte : une échéance reste une échéance. Ce qu’il peut changer, c’est la place que ces sujets occupent entre deux décisions, le soir, au réveil. Lâcher, ainsi compris, ne rend pas indifférent. Cela redonne de la disponibilité.

Le Ministère de la Sérénité ouvre le 23 octobre. Pour commencer dès maintenant, une page suffit : la feuille de cap, gratuite, pour faire le point sur un seul sujet.